Communiqué des listes Agissons pour une Autre Université

Cher(es) collègues, cher(es) étudiant(e)s,

Je me suis peu exprimé depuis les élections de février dernier, mais la situation de l’université et ce qui s’est passé lors du Conseil d’Administration du 8 juillet nécessitent quelques explications. Les élus des listes « Agissons pour une Autre Université » jouent pleinement leur rôle au sein des conseils centraux en représentant des électeurs qui nous ont fait confiance. Mais, comme les autres élus des conseils qui n’appartiennent pas aux listes portées par Alain Bonnin, nous ne sommes pas entendus, à peine écoutés…

Deux mouvements sociaux ont eu lieu la semaine passée à l’université ; des délégations ont été reçues par le Président Bonnin (dont l’une devant le conseil d’administration) avec pour résultat l’absence de réponses concrètes, de considération humaine et finalement une discussion stérile avec une gouvernance détachée des préoccupations de sa base. Ces mobilisations, qui ont associé des BIATSS (titulaires et contractuels), des chercheurs, des enseignants, des enseignant-chercheurs et des étudiants prouvent la situation critique de notre communauté face à une gouvernance sourde et obtuse.

La situation de l’université de Bourgogne est grave, autant à cause de ses problèmes financiers que dans la façon de les traiter et de les expliquer à l’ensemble de la communauté universitaire et vers l’extérieur de l’université. Pendant la campagne électorale le Président-candidat décrivait une situation financière « fragile mais saine » ; il aurait été plus sincère de présenter la situation réelle de l’établissement qui entraîne les conséquences que la communauté découvre aujourd’hui :

  • déficit de 366 901 € en 2015,
  • non renouvellement de 35 contrats de contractuels en septembre 2016, gel de postes de personnels, limitation drastique du nombre d’ATER,
  • réduction de la dotation de 5% des composantes et de 4% dans les services centraux, communs et généraux sur 4 mois (25 avril 2016),
  • prélèvement de 20% sur le budget des composantes, services centraux, communs et généraux (4 juillet 2016),
  • diminution de 35 000 h sur l’offre de formation en 2016-2017, ce qui représente de 8 à 20% d’heures selon les composantes !

La situation est donc loin d’être saine…. et pose la question de la stratégie (ou de l’absence de stratégie) et de la politique de l’équipe de gouvernance. On peut notamment déplorer :

  • l’absence totale d’anticipation de l’évolution démographique du nombre d’étudiants,
  • les mesures prises dans la précipitation et l’urgence,
  • le maintien d’investissements coûteux alors que la situation financière s’aggravait,
  • l’absence d’équilibre et de transparence dans l’effort supporté par l’ensemble des structures de l’université.
  • la volonté de passer à tout prix à la dévolution du patrimoine alors que des universités comme la Lorraine ou Strasbourg s’y refusent.

Mais au-delà du fond, c’est la forme qui est choquante :

  • rupture de dialogue : au Comité Technique, dans les conseils (nous nous sommes confrontés à un « mur » lors du CA du 8 juillet), dans les réunions de directeurs de composantes, lors des dialogues de gestion,
  • mépris pour les agents contractuels dont les contrats ne seront pas renouvelés en septembre (pas d’explication, pas d’entretien individuel systématique, des informations contradictoires, une situation anxiogène pour l’ensemble de la communauté),
  • opacité des procédures : quels sont les critères dictant le non renouvellement d’un contrat plutôt qu’un autre ? comment se répartit l’effort nécessaire sur l’ensemble de l’université (y compris au sein de la gouvernance et du cabinet du Président) ?
  • destruction massive de l’offre de formation : la formation est de nouveau mise à contribution ; les diplômes, ainsi tronqués, sont dévalorisés et deviennent de moindre qualité, les dispositifs contribuant à une meilleure réussite et à l’égalité des chances pour tous sont rognés.

Comment une université peut-elle fonctionner ainsi alors que le nombre d’étudiants augmentera de nouveau à la rentrée prochaine et au cours des prochaines années ?

Réponse du Président lors du CA du 8 juillet : « cela devra passer ».

 

Alors oui, la situation est grave. Il faut bien comprendre qu’elle ne résulte pas uniquement d’un contexte national, mais surtout d’une politique délétère menée dans notre université depuis plus de 4 ans. Les conséquences ne sont pas encore dramatiques, mais elles pourraient le devenir si une impulsion nouvelle n’est pas donnée à notre établissement dans sa stratégie mais surtout dans ses méthodes de gouvernance !

 

Sébastien Chevalier, les élus et les soutiens des listes « Agissons pour une Autre Université ».